ACADEMYCONSEILS DU PRO

Savez vous vraiment comment fonctionne la confiance ?

« Pour être bon au golf, il est indispensable d’être concentré ! »

Cependant, une chose est d’affirmer qu’il faut être concentré pour être performant, une autre est de savoir comment s’y prendre pour l’être.

La concentration golf, comment ça marche ?

La concentration est un phénomène naturel qui nous pousse à porter notre attention quand quelque chose nous intéresse. Notre cerveau dirige, alors, toute son énergie sur l’objet en question. Son but c’est l’action.

Exemple : Vous avez une conversation captivante avec un(e) ami(e). Vous êtes, donc, très concentré par le propos quand, soudain, vous apercevez dans votre champ visuel, la plus belle fille (ou garçon) du monde.
Sur quoi croyez-vous que se porte votre attention naturellement ?
Réponse A : La conversation ?
Réponse B : La plus belle fille / garçon du monde ?

Ce fonctionnement a des répercussions innombrables dont la première est de comprendre que nous sommes toujours concentrés car notre attention est en permanence attirée par quelque chose qui l’intéresse.

Le problème qui se pose alors est celui-ci :

Qu’est-ce qui doit intéresser un joueur pour qu’il soit le plus efficace possible ? Car tous les sujets qui intéressent un golfeur et sur lesquels il porte son attention ne vont pas lui donner le meilleur score. Loin s’en faut ! Et c’est d’autant plus problématique que ce qui va l’intéresser échappe le plus souvent à sa vigilance.

D’une manière générale, la cible, l’endroit où le joueur veut envoyer sa balle est, sans nul doute, l’objet de concentration le plus communément efficace. Pourtant, il n’y a pas de règle ! D’autres joueurs vont préférer se concentrer sur leur geste ou sur une clé de swing ou sur une sensation corporelle.

Mais quelque soit la qualité et l’objet de la concentration golf, celle-ci est en permanence en danger d’être perturbée par une sollicitation inattendue.
Un bruit pendant le swing, intéresse, malheureusement, beaucoup les golfeurs. Et je ne parle pas de toutes les pensées parasites : techniques, émotionnelles, projections dans l’avenir, doutes, peurs, frustrations, regard des autres, j’en passe et des meilleures.

Donc, une chose est de savoir sur quoi se concentrer, encore faut-il être capable de s’y tenir un minimum de temps. Le temps du swing par exemple.
Ce qui ne semble pas, à priori, une tâche insurmontable. Pourtant, pour une très grande majorité de joueurs, cela s’avère extrêmement ardu.

Quoi faire : Adopter les croyances suivantes

  1. Si la concentration est un phénomène naturel, avoir la capacité à tenir cette concentration suffisamment longtemps pour être efficace ne l’est pas. Il faut donc la cultiver.
  2. Tout joueur capable de tenir sa concentration golf pendant le temps du swing devient très vite un très bon golfeur.

Puis, allez au practice et faites cet exercice :

La conscience des mains et du poids de la tête de club :

  • Échauffez-vous en faisant des swings sans balle et au ralenti et en vous posant cette question :
    « Suis-je capable de percevoir le poids et la présence du club dans mes mains tout le long du mouvement, (de l’adresse au backswing et du backswing au finish) sans penser à autre chose ? »
  • Puis commencez à taper des balles en vous posant à nouveau la question :
    « Avec une balle, est-ce que je perçois toujours le poids et la présence du club dans mes mains tout le long du geste ? »

Si non, à quel moment du geste ai-je perdu cette conscience et au profit de quoi ?

Exemple : Vous avez perdu la conscience du club au début de la descente, comme c’est souvent le cas pour les personnes qui veulent taper fort ou qui veulent contrôler leur impact.

  • N’essayez pas de corriger quoi que se soit le swing suivant !! Ni de faire mieux. Contentez-vous de constater et d’accueillir les informations sans les connoter de jugements de valeurs. Rien n’est ni bien ni mal dans cet exercice. Tout est bon à vivre comme autant de prises de conscience. Le swing suivant, repartez à zéro en vous disant : « Ok, j’ai perdu la conscience du club à tel moment du swing précédent. Voyons ce qu’il en est sur le swing suivant. »

Ne corrigez rien, frappez une nouvelle balle et ainsi de suite. Accordez tout le crédit et la confiance que votre cerveau mérite. Seul, il se débrouillera parfaitement, pour améliorer votre technique en faisant les relations entre les sensations et les trajectoires obtenues.

Une fois cet exercice bien intégré, essayez-vous sur d’autres objets de concentration :

  • Tenir l’image de la cible tout le long du swing.
  • Tenir votre attention sur une partie du corps : épaules, pieds, jambes, etc.

Dans le monde du sport, lâcher prise est une expression couramment utilisée par les entraîneurs à l’intention de leurs joueurs.
Ça serait bien que tu te lâches, que tu lâches prise ! Disent-ils fréquemment. Mais que faut-il donc lâcher ?

Le problème est que les expressions comme « lâcher prise » ou « concentre toi », si elles font partie du « pathos » du développement personnel, restent néanmoins très mystérieuses.
Bien qu’une grande majorité de personnes sache confusément de quoi il retourne, (c’est en général assimilé à être Zen ou être détendu), il y a peu de gens qui peuvent nous expliquer ce qu’est lâcher prise, comment réussir à faire cela, et à quoi cela pourrait bien servir ?

Voyons cela de plus près ?
Dixit le dictionnaire, lâcher, signifie cesser de tenir et le mot prise vient du verbe prendre. Il semblerait qu’il faille, en lâchant prise, cesser de tenir la prise. Cesser de tenir ce que nous prenons.

Mais que prenons-nous que nous aurions besoin de lâcher ?

Dans le sport le mot « prise » est bien représenté. Il y a la prise de judo, la prise de l’alpiniste, la prise de tennis. Au golf on dit « grip » ce qui revient à peu près au même avec, toutefois, une connotation plus ferme. Grip fait référence au verbe agripper, voire s’agripper. Oups ! Pas simple, apparemment, de lâcher ce à quoi on s’agrippe !

Une première piste afin de lâcher prise au tennis serait de, non pas lâcher la raquette, mais cesser de s’y agripper comme si nos vies en dépendaient. C’est le raisonnement qu’ont les bons entraîneurs qui vont passer un temps infini à apprendre à leurs joueurs à ne pas serrer trop la main sur le manche.

Lâcher prise signifierait, donc, relâcher les mains et par extension relâcher le corps. Ceci est une très bonne idée : relâchez les mains, le corps se relâchera du même coup et vos coups seront, automatiquement, bien meilleurs. C’est imparable. Le souci est que peu de joueurs réussissent cette prouesse. Tout le monde n’est pas Roger Federer ou Gaël Monfils malheureusement.

Croyez-moi, s’il ne s’agissait que de desserrer les mains sur la prise, on n’en parlerait plus depuis longtemps.
Y aurait-il autre chose qu’on souhaiterait ne pas lâcher ? Et pourquoi les joueurs de tennis tiennent-ils tant à serrer leur raquette ?
La raison est simple : ils croient qu’ainsi la raquette ne fera pas n’importe quoi, ni dans l’espace, ni à l’impact. Ainsi, pensent-ils, ils obtiendront plus de contrôle.

Ceci est une croyance bien ancrée chez la plupart des joueurs : si je réussis à bien tenir ma raquette en pensant consciemment à son trajet dans l’espace, et particulièrement dans la zone d’impact avec la balle, je serai à même de bien contrôler mes gestes et je deviendrai un meilleur joueur !

Pour devenir bon, je dois contrôler mes gestes en y pensant. Et cela suppose que je dois bien serrer ma raquette !
De là à la serrer trop, il n’y a qu’un pas !
Ceci est une grave erreur et une énorme méconnaissance du fonctionnement du cerveau humain. Le contrôle ne s’obtient, malheureusement, pas par le contrôle conscient mais, au contraire, en laissant faire le cerveau inconscient, en lâchant prise justement.

Lâcher-prise, c’est laisser faire son inconscient. Ne pas intervenir consciemment.

Nous y voilà, la raison pour laquelle les joueurs éprouvent le besoin de contrôler leurs gestes, est qu’ils n’ont pas la moindre confiance dans leur capacité à réussir sans contrôle.

Ceci obéit à une autre croyance :


Si je ne pense pas à contrôler mes gestes, j’oublie de faire ce que je dois faire !
Pourtant, ces mêmes joueurs, lors de gestes quotidiens professionnels, parfois beaucoup plus complexes, n’éprouvent jamais le besoin de contrôle conscient.
J’ai ainsi travaillé avec un chirurgien spécialiste de l’oeil qui passait son temps à essayer de contrôler ses gestes au tennis mais qui, lorsqu’il opérait, ne pensait strictement à rien alors que l’oeil de son patient dépendait entièrement de son habileté technique.


« A quoi voudrais-tu que je pense quand j’opère ?» disait-il !

« A cet instant, il ne se passait absolument rien dans ma tête »

Pete Sampras (ace sur deuxième balle pour gagner Wimbledon 1999)

Peut-être est-ce beaucoup plus facile d’opérer un oeil que de frapper une balle en coup droit ? Je ne le pense pas ! Tout est affaire de confiance. Cet homme avait une absolue confiance pour opérer, et une confiance proche du néant pour jouer au tennis. Voilà tout.

Lâcher prise est donc intimement lié à la confiance.
Ceci étant dit, comprenez bien que la difficulté réside là et nulle part ailleurs. En effet, pour lâcher prise il est essentiel que vous ayez confiance dans votre capacité à réussir. Mais, pour réussir, il faut impérativement que vous lâchiez prise.

Vous voyez l’embrouille ! C’est le serpent qui se mord la queue. Et c’est pourquoi il est vain de demander à quelqu’un de lâcher-prise. Ceci est d’autant plus critique, que ce qui se joue en souhaitant qu’une personne peu confiante lâche prise va bien au-delà de la simple réussite au tennis.

De manière générale, les joueurs qui ne se lâchent pas sont, pour la plupart victimes d’un cheminement mental qui consiste à penser que s’ils réussissent au tennis, leur confiance en eux grandira. Ils pensent, aussi, qu’avec cette confiance chèrement acquise, ils verront leur valeur grandir grâce à laquelle ils obtiendront de la reconnaissance et pour finir se sentiront exister.

Vous voyez l’enchaînement. C’est la marelle des bénéfices escomptés : je joue bien au tennis je gagne des matches, je prends confiance, je prouve ma valeur, je suis aimé, je suis quelqu’un car je joue bien.

Il y a dans le lâcher-prise une idée d’abandon, et c’est justement cette marelle qu’il faut abandonner.

Croire qu’on obtiendra confiance grâce au succès, est malheureusement un leurre. Car les personnes qui croient cela croient immanquablement l’inverse. Si je rate je perds confiance ! Ce qui fait que leur confiance ne grandit jamais. Le peu de confiance tennis obtenu avec le succès s’évapore vite avec l’échec qui suit.

La confiance tennis doit se travailler à l’entraînement : elle précède obligatoirement le succès. Sans confiance tennis, pas de succès !

D’autre part, la valeur et l’existence d’un être humain ne se mesurent pas à sa capacité à taper correctement dans une balle. Il y a des gens très bien qui ne jouent pas au tennis tout autant qu’il existe des personnes formidables qui jouent très mal. Et je connais personnellement des joueurs extraordinaires qui sont de piètres êtres humains.

Commençons donc par penser que ceci est beaucoup trop lourd à porter. Le tennis n’est, avant tout, rien d’autre qu’un jeu.
Le meilleur moyen pour lâcher prise, lorsqu’on joue à un jeu est de se « foutre » des conséquences, bref de ne pas se préoccuper du résultat pour ne se consacrer qu’à ce que nous devons faire pour jouer correctement. Cela signifie être plus intéressé par le chemin qui mène au résultat que par le résultat lui-même.

Résultat qui, soit dit en passant, n’offre que peu d’intérêt en comparaison avec le plaisir de jouer. Surtout si vous n’êtes pas un joueur professionnel qui a besoin de payer son loyer.

Le grand truc pour s’approcher d’un lâcher-prise au tennis consiste à se donner un véritable droit à l’erreur et de ne porter notre attention que sur ce que nous pouvons contrôler. La question à se poser est celle ci : qu’est-ce qui ne dépend que de moi au tennis, sur lequel je peux réellement exercer un contrôle total ?

Si vous pensez que ce qui suit est contrôlable, ne vous étonnez pas d’avoir des difficultés à comprendre ce que lâcher-prise veut dire : la technique, les conditions extérieures, la gagne, ce que font vos adversaires, le vol de la balle, les rebonds, etc.……

Rien de tout cela n’est réellement contrôlable. Alors, que reste-il ? Pas grand chose en réalité. 

Les seules choses que vous pouvez contrôler sont vos états émotionnels et vos décisions (choix de cibles, options de jeu, routines, acceptation de la situation).
Bref, ce qui se passe, dans votre tête, avant et après avoir frappé la balle. Il n’y a rien d’autre.

Lâcher-prise consiste à abandonner l’illusion que vous pouvez avoir une quelconque influence sur des choses sur lesquelles vous n’avez aucun contrôle afin de porter votre attention là ou vous pouvez être efficace. Cela consiste pendant l’échange à n’avoir en tête que l’endroit où voulez envoyer la balle.

Comment gérer ses émotions et révolutionner son jeu avec la création de 3 routines ?

Il n’y a pas de personne qui naisse forte ou faible mentalement. Il y a simplement des personnes qui utilisent des systèmes de pensées qui favorisent la performance et d’autres qui utilisent des stratégies mentales peu aidantes. Nous vous proposons dans cet article une méthode simple qui vous permettra de savoir comment gérer ses émotions pour atteindre la performance.

Voyons d’abord ce qui ne fonctionne pas !

Imaginez, que chaque fois que la balle ne va pas à l’endroit souhaité, vous vous disiez sur un certain ton, (de préférence agacé), « Nul, je suis nul ! » ou quelque chose d’approchant. Imaginez que vous ressentiez à ce moment la, une contraction au niveau du ventre et que ce processus se répète inlassablement au cours de vos entraînements et de vos parties.

Qu’auriez-vous fait ? Vous auriez créé un magnifique conditionnement à l’échec !

Chaque fois que la phrase « Nul, je suis nul ! » résonnerai dans votre tête, ou que vous craindriez d’être « nul »vous seriez effectivement nul. Parce que c’est exactement ce que vous auriez programmé et vous auriez en prime, toutes les manifestations physiques indésirables. Vous seriez de plus en plus « Nul » parce que l’entraînement ne servirait qu’à progresser dans la nullité en confirmant vos ancrages qui deviendraient vite des croyances sur vous-même.

Ensuite vous diriez « je ne suis pas fort mentalement ».

Ce qui serait faux car ce qui peut se faire dans un sens, peut également se faire dans l’autre. Si nous pouvons nous créer des ancrages, autant faire que ceux-ci soient aidants. Cela n’est pas aussi difficile qu’il n’y parait.

Voyons maintenant comment gérer ses émotions pour qu’elles  aident votre performance.

Créez des post routines après chacun de vos coups !

Le moment où vous jugez la qualité de vos coups est crucial. Faites cela comme il se doit et vous créerez des réflexes conditionnés qui vont révolutionner votre jeu :

La routine du bon coup : quand vous réussissez un bon coup, laissez-vous envahir par l’émotion positive qui l’accompagne (plaisir, fierté, etc.) et faites quelque chose qui marque votre contentement : un geste (serrer le poing par exemple) et un mot (oui, yes, allez, bien, super, come on etc.). Ceci va alors renforcer l’expérience et ajouter à l’image un contenu émotionnel et sensoriel.

La routine du coup moyen : si vous estimez que votre shot est moyen trouvez-lui, quand même quelque chose de positif. Dites par exemple : elle est sur le fairway ou elle était très bien contactée puis refaites à blanc le coup tel que vous l’aviez programmé.

La routine du mauvais coup : si vous jouez  un mauvais coup, dites quelque chose de détaché et d’intellectuel du style : « Intéressant ! », « Tiens ? Étonnant ! », « J’ai fait ça ! Moi ? », « Cela me laisse un coup intéressant derrière », « Tout le monde rate, même Roger».

Bref, restez neutre, ne rentrez surtout pas dans l’émotionnel négatif.

Refaites, à blanc, le swing que vous auriez aimé avoir fait et passez à autre chose.

Pourquoi associer une émotion à la réussite et la froide raison intellectuelle aux échecs ? Parce que les expériences émotionnelles sont marquées plus fortement dans notre mémoire que les expériences ordinaires.

Nos expériences sont mémorisées et classées dans un ordre hiérarchique de la plus émotionnelle à la plus anodine. Positive ou négative, plus l’émotion liée au souvenir est forte, plus le souvenir est précis et plus il est facile de se le remémorer.

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