BIOMECANIQUEPHYSIQUE

La motion capture 3D


Rémi Brun
est un pionnier de la motion capture. Il pratiquait avant que cela existe, quand on ignorait encore que cette technique aurait un avenir bien au delà de la recherche médicale.

MocapLab, leader français de la capture de mouvement n’a pas fini de nous surprendre. Rencontre avec son fondateur.

Ingénieur Arts et Métiers, docteur en Biomécanique, après quelques années dans la recherche médicale(surdité et troubles de l’équilibre),  il devient en 1993 un des 3 associés d’ACTISYSTEM, la première société de service de capture du mouvement en Europe, pour la recherche, l’industrie, les jeux vidéo, la télé et le cinéma (pilot de « 20 000 lieues sous les mers avec Richard Borhinger »).

De 1997 à 2000, il exerce en freelance à Londres toujours en tant que superviseur Motion Capture pour la plupart des société d’image de synthèse de Soho.

De 2000 à 2007, il a fondé et dirigé le département Capture du Mouvement d’Attitude Studio à Paris. C’est grâce à une équipe qui a compté jusqu’à 40 personnes, qu’il a dirigé la capture du mouvement du premier long-métrage européen fait en mocap,

RENAISSANCE, et des séries télévisées SKYLAND et GalacticFootball, des projets comme l’Odyssée de Espèce (documentaire)ARTUS (projet recherche RNRT) ou Eve Solal (actrice virtuelle) ainsi que de nombreux projets de cinématiques de :

jeux vidéo. (LaraCroftTeminator3KillSwitchDeadToRightShadowOpsBourneID…)

2007, il monte MOCAPLAB , une société dédiée à la capture du mouvement sous toutes ses formes avec l’ambition de continuer à explorer et repousser les limites techniques et artistique de l’outils (expression faciale, capture du regards, capture des doigts, …). Laureat de nombreux projets de R&D , Le LAB de Mocaplab est devenu une reference mondiale dans la capture de la langue des signes et dans celle du regard combiné à la mocap du corps.

Depuis 2015 Mocaplab s’est installé au Nord de Paris avec un plateau de plus 200 m2, equipé de 30 camera Vicon T160 (bientot 40), qui en font le plus gros plateau de prestation mocap de France et un des plus pointu et innovant d’Europe.
Il continue avec son équipe d’ingénieurs du mouvement (comme d’autres sont ingénieurs du son) a travailler sur des projets extrêmement variés, jeux vidéos, pubs, cinémas, documentaires, science, art… avec toujours le même enthousiasme pour le mouvement.

La motion capture s’est imposée comme une évidence. On ne se pose plus vraiment de question, en jouant sur sa console ou en regardant un film d’animation. Pourtant cette technologie est récente. L’histoire de la capture du mouvement et des émotions remonte aux années 1990 et Rémi Brun en est l’un des pionniers. « C’était mon karma » reconnaît l’ingénieur des Arts et Métiers, diplômé en biomécanique et auteur d’une thèse sur la communication tactile pour les sourds profonds. Ingénieur, un peu artiste sur les bords, ce qui l’intéresse c’est l’humain. C’est en tant que scientifique qu’il s’associe à deux amis, pour créer une première société. Ils seront les premiers en Europe à commercialiser des services de motion capture. Ils travaillent sur pilote du long métrage « 20 000 lieues sous les mers » avec Richard Bohringer pour la capture faciale, qui sera récompensé par le prix de la recherche Imagina en 1994. Les jeux vidéos s’enchaînent : les studios américains intègrent rapidement leur propres unités de motion capture, même si le terme n’existe pas encore. En 1996, les associés se séparent mais Rémi Brun poursuit sur sa lancée. La capture du mouvement c’est sa vie et il le sait. C’est à Londres qu’il conduit des projets avec la BBC, les Spice Girls. « Tout le monde pensait que c’était une mode. Mais pour moi le mouvement c’est évident. Quand on aime le mouvement et l’humain, la mocap c’est le bonheur ». La techno a fait son chemin. « Aujourd’hui, on est ingénieur du mouvement comme on est ingénieur du son ». Rémi Brun a monté la première formation en motion capture avec Télécom ParisTech, « C’est un métier que l’on ne savait pas situer, il implique une culture du mouvement ». En 2007, il créée MocapLab, qui concentre aujourd’hui 70% du marché français de la prestation en capture du mouvement.

A la croisée de la science et de l’art

Il ne suffit pas de bouger pour suggérer une émotion, il faut l’incarner, parler, bouger, c’est un travail d’acteur. Cela ne s’improvise pas. Rémi Brun est un chercheur. Il applique la motion capture à tout ce qu’il trouve. Des vaches, des chevaux (il en a fait une touchante œuvre de lumière en mouvement), tout y passe. Mais si la mocap trouve une bonne partie de ses débouchés dans le domaine du loisirs, le cinéma et le jeu vidéo, les domaines scientifiques et médicaux restent un domaine de prédilection pour Rémi Brun, qui travaille notamment sur de la fourniture de données pour la recherche, avec le Collège de France et l’Institut de la Vision.

Des applications bien au delà de l’entraînement

La communication passe aussi… par les mains.
La motion capture offre de véritables débouchés dans le langage des signes, très riche en nuances, et en accents !

Aujourd’hui, le jeu vidéo représente 50% des débouchés de l’entreprise, qui se consacre également pour 25% au cinéma et à la réalité virtuelle. Paradoxe du marché, les sociétés en pointe comme MacapLab, participent à de nouveaux projets et la compétence est ensuite internalisée par les studios, contraignant les sociétés de services à une fuite en avant… et à l’innovation.

C’est la particularité de MocapLab, qui se consacre à la recherche et à la science, pour développer son marché en créant de nouveaux usages.

LA MOTION CAPTURE AVEC MOCAPLAB

Le seigneur des anneaux, King Kong ou encore Avatar, de l’incarnation de Golum à celle de Baloo, la motion capture a révolutionné le cinéma et le jeu vidéo. Si cette technique a largement fait ses preuves à Hollywood, la France d’abord pionnière a marqué le pas, avant de rattraper son retard. Pour preuve, la société Mocaplab est devenue en un peu moins de 10 ans d’existence l’un des spécialistes reconnus sur la scène internationale de la “capture du mouvement”.

Et c’est notre expert Men’s UP Ted Ranghella qui est parti à la rencontre du fondateur de MocapLab, Rémi Brun en se glissant dans la peau d’un Mocapeur.

Avec une carrière de plus de 20 ans en motion capture, Rémi Brun est devenu l’un des pionnier du genre en Europe.

Un exemple : la motion capture du film Valerian de Luc Besson et bien c’est MocapLab … Pas mal hein ? Au même titre que l’on parle d’ingénieur du son,  on peut clairement parler ici d’ingénieur du mouvement. Mais comment ça marche au juste ?

L’art du mouvement

Le studio MocapLab est équipé de 30 caméras très coûteuses d’origine britannique, qui capturent les mouvements avec une extrême précision. Les images sont ensuite retraitées par de puissants ordinateurs. « le but est de mettre à l’aise les acteurs  » explique Rémi Brun.

On les équipe d’une combinaison avec des marqueurs. On veut qu’ils soient le plus à l’aise possible. Le dispositif est très léger, on a trois, quatre ordinateurs.

Ensuite c’est un peu comme si on jouait aux Playmobil : on pose quelques éléments de décor, une raquette si on doit jouer le rôle d’un tennisman en pleine action, un couteau pour une scène de combat. Ensuite tout cela est numérisé par les ordinateurs et on passe à la scène suivante. Mais l’objectif est de dégager de l’émotion, il faut jouer comme si on jouait devant une caméra ou au théâtre. Au cinéma on toune une scène, mais cela prend beaucoup de temps, le champs, contre champs.. ici on peut tourner une heure en une journée. C’est magique. »

Emotion capture

Une bonne animation du corps, du visage ou encore du regard est essentielle à la présence et au charisme d’un personnage à l’écran. Mais lui donner vie reste extrêmement compliqué. C’est un vrai jeu d’acteur. « L’émotion vient du visage en partie, mais aussi de tout le corps. Si on vous met un casque sur le visage, on peut deviner l’émotion. Dans le visage, il y a aussi le jeu des yeux. C’est un tout qui créée l’émotion avec beaucoup de détails, mais aussi la voix. C’est extrêmement précis. Tout est mouvement » précise Rémi Brun. Du coup de poing à la tendre caresse, du râle au souffle haletant, de la danse classique au hip hop, de la tristesse à la joie, rappelons que la Motion Capture, c’est aussi « l’émotion capture »

et si l’émotion transparait à l’écran, le pari de MocapLab est réussi. C’est la magie du cinéma.

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