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Le tennis « On a été un sport à la mode, ce n’est plus le cas »

L’ancien joueur et capitaine de Coupe Davis soutient la candidature de Gilles Moretton, qui vient de se lancer officiellement dans la course pour devenir président de la FFT.

Tête de liste dans sa ligue Provence-Alpes-Côte-d’Azur aux élections de délégation, il a obtenu 49% et il est le délégué PACA représentant des clubs au cours de l’AG.

Pendant très longtemps ensuite, on ne s’est pas vraiment rendu compte de la perte progressive de licenciés On a été un sport à la mode, ce n’est plus le cas.

On a été épargné par un certain contexte, comme dans le foot à un certain moment, et ce n’est plus le cas non plus.

Quand on voit la puissance financière de notre Fédération, je suis obligé de penser que cet argent, tu pourrais mieux l’utiliser dans certains domaines

Aujourd’hui, on a un plan, « cette catégorie ça se passe comme ça, c’est tant d’heures et tant de tournois » , « cette catégorie c’est encore plus d’heures »

Aujourd’hui on ne s’adapte pas. On ne vas pas prendre non plus en modèle les Chinois à 8 ans s’entraînant au tennis de table

Ce n’est pas nous, on ne sera jamais capable de la faire comme ça, on a d’autres choses à faire valoir

« Pourquoi vous investissez-vous ?

La première chose, c’est à cause de l’image que peut avoir le tennis aujourd’hui. Je n’ai pas vécu l’âge d’or du tennis en France avec ce bond extraordinaire après la victoire de Noah à Roland en 1983 et la Coupe Davis en 1991. Pendant très longtemps ensuite, on ne s’est pas vraiment rendu compte de la perte progressive de licenciés. On est arrivé à un point aujourd’hui où jamais l’image n’a été aussi basse. On a été un sport à la mode, ce n’est plus le cas. On a été épargné par un certain contexte, comme dans le foot à un certain moment, et ce n’est plus le cas non plus. Je trouve que la dégradation s’est accélérée de manière très importante. Moi, je suis passionné par ce sport. Toutes mes activités tournent autour du tennis. Je commente, j’ai mon tournoi Challenger à Aix, je joue les tournois par équipe en Interclubs, je suis en contact avec le milieu entre Paris et Aix en Provence, entre Roland, le CNE et la base. Et je vois que tout le monde souffre aujourd’hui.

SOUFFRE ?

À la Fédération, ils souffrent de l’ambiance qui y règne, au CNE ce n’est pas beaucoup mieux et dans les clubs aussi, pour d’autres raisons. Quand tu parles à certains salariés de la Fédé, tu te rends compte que l’ambiance n’est plus ce qu’elle était. Elle n’est pas saine, pas propice à ce que les gens soient productifs. Pareil au CNE. Quand on voit la puissance financière de notre Fédération, je suis obligé de penser que cet argent, tu pourrais mieux l’utiliser dans certains domaines.

«Le slogan du tennis quand j’étais plus jeune, c’était : « Le tennis, c’est le sport d’une vie« . Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Arnaud Clément

COMMENT SOUHAITEZ-VOUS AMELIORER LES CHOSES ?

J’aimerais changer l’image. Regardons l’exemple du foot qui a une image bien meilleure que celle qu’il pouvait véhiculer il y a certaines années. Nos joueurs aussi pourraient avoir une meilleure image que celle qu’ils ont. Je ne dis pas qu’ils ont une mauvaise image, mais ils pourraient être encore plus moteur pour notre sport, en communiquant mieux sur eux. J’ai aussi un vrai désaccord de vision sur le haut niveau.

LEQUEL ?

J’ai l’impression aujourd’hui qu’on est sur le très court terme, de la formation jusqu’au moment où le joueur essaie d’être professionnel. On ne construit pas bien les jeunes joueurs, à vouloir absolument être les meilleurs en 8-9 ans, en 9-10, 11-12, à les envoyer systématiquement sur des tournois internationaux. C’est ma sensibilité. On ne construit pas un joueur comme un robot.

Aujourd’hui, on a un plan, « cette catégorie ça se passe comme ça, c’est tant d’heures et tant de tournois »« cette catégorie c’est encore plus d’heures ».

On parle d’augmenter des doses de travail pour des enfants de 6-7 ans… Le tennis évolue, je sais, mais on n’est pas assez dans l’adaptation aux joueurs. Le slogan du tennis quand j’étais plus jeune, c’était : « Le tennis, c’est le sport d’une vie ».

Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Sous couvert de vouloir absolument un gars qui veut gagner Roland-Garros, on arrive à dégoûter des enfants qui vont passer très vite à autre chose. La baisse des licenciés est peut-être aussi due à ça.

Dans le discours fédéral, les mots « jeu » et « plaisir » ne sont plus employés. Arnaud Clément

QUELLE SERAIT LA REGLE SELON VOUS ?

La règle, c’est de l’adaptation. 11-12 ans, c’est vingt d’heures d’entraînement par semaine pour les meilleurs, avec des pressions sur les aides supprimées ou réduites si l’enfant ne veut pas être déscolarisé. Tu ne peux pas faire ça à tout le monde, ça ne peut pas être une règle.

Moi par exemple, c’était important d’avoir une vie sociale, avec des copains…

Les temps de passage dépendent de l’âge de la puberté, de la maturité et de tellement d’autres critères… Aujourd’hui on ne s’adapte pas. J’entends qu’on évoque le modèle des pays de l’est. Nous Français, on ne peut pas se baser sur une autre culture que la nôtre. On ne vas pas prendre non plus en modèle les Chinois à 8 ans s’entraînant au tennis de table.

On ne peut pas dire : « Ce sont les plus forts, c’est comme ça qu’on va faire… ».

Ce n’est pas nous, on ne sera jamais capable de la faire comme ça, on a d’autres choses à faire valoir. On oublie aussi d’éduquer et d’expliquer aux parents que dans 95% des cas, l’enfant ne va passer pro plus tard et ne gagnera pas sa vie en jouant au tennis. On n’est pas assez honnête là-dessus. On peut générer de la frustration et aboutir à des décrochages, sans bagage derrière…

ET LE CHAMPION QUE LA FRANCE ATTEND ?

Il faut oublier LE champion qu’on veut absolument avoir.

Dans le discours fédéral, les mots « jeu » et « plaisir » ne sont plus employés. Le but, c’est de gagner, c’est tout. Mais le tennis à la base ce n’est pas ça. Et ce n’est pas incompatible non plus, le jeu, le plaisir et gagner ! Et en fait, tu as l’impression que ça l’est. Il faut retrouver la passion, inculquer pourquoi on aime ça. On ne fait pas du sport pour gagner des millions et accéder forcément au haut niveau.

POURQUOI S’ETRE INVESTI AVEC CETTE EQUIPE-LA ?

Ils sont venus me voir avec des arguments. Ça a fait son chemin. Je ressens la volonté de m’investir pour mon sport.

AVEC QUEL POSTE ?

Je n’ai absolument aucun plan. Au niveau local on me demande : « Tu veux être président de la ligue ? », au niveau fédéral on me dit : « Tu veux être DTN ? »

Pas du tout. Ça sera simplement bénévole.

J’aimerais avoir une action au niveau fédéral et régional dans mes domaines de compétence, forcément la formation, le terrain, le haut niveau. Vice-président du Comex ou je ne sais quoi, je m’en fous. À partir du moment où je sais qu’on m’écoute. Je ne brigue pas un poste en particulier. »

Amélie Oudéa-Castéra monte au filet aussi :
Malgré une carrière de joueuse écourtée par un virage réussi dans le monde des affaires – énarque promotion Senghor, celle du président Emmanuel Macron, elle est actuellement à la tête de la branche digitale et e-commerce de Carrefour – Amélie Oudéa-Castéra n’a jamais coupé les ponts avec sa passion. Séduite par le parcours « riche et complet » de Gilles Moretton, la nièce de Patrice et Alain Duhamel compte apporter son expertise au projet
« Ensemble pour un autre tennis » de son candidat, en termes d’éducation et de reconversion.
« J’ai été membre du comité d’éthique de la fédération, énumère-t-elle, de la commission sur la reconversion des sportifs de haut niveau et du comité directeur de la fédération pendant deux ans. C’étaient des petits groupes de travail, dans l’ombre, mais je suis toujours restée très engagée dans les instances de la FFT depuis quinze ans (…)
Je suis très choquée par l’abandon du double projet. J’appartiens à une génération où une fille comme Natahlie Dechy a eu son bac avec deux ans d’avance, a été 7e mondiale et aujourd’hui elle va réussir son après-carrière sportive. Ce que doit ambitionner une fédération, ce sont des parcours comme celui-là. Les journées d’un joueur de tennis, c’est long. On perd du temps sur le circuit dans des halls d’aéroports à ne rien faire, à regarder Netflix ou à jouer aux jeux vidéo. Alors que le fait d’avoir un vraie ambition à côté, pour continuer à t’ouvrir l’esprit, c’est le meilleur service que tu peux rendre à ton avenir. Tu te protèges en cas de blessure, tu te crées un autre univers, un recul. Je pense fondamentalement qu’on doit pouvoir en France, un peu comme les Etats-Unis le font avec leurs universités, avoir des sportifs qui soient bien équipés sur le plan scolaire et qui aient des ressorts en cas de difficultés dans leur carrière ou de blessures pour inventer l’après.
Aujourd’hui, tu es 200e mondiale chez les filles, tu ne gagnes pas ta vie. Ce n’est pas digne d’une fédération comme la FFT de couper les autres options à ses joueurs.
Elle a des ressources, des capacités à faire venir des répétiteurs pour aider les parcours scolaires, à sensibiliser les parents aux fragilités d’une carrière sportive. » R.L.

Entraînement : les préférences motrices

La Direction Technique Nationale s’intéresse à l’approche dite “des préférences motrices”, en matière de préparation d’entraînement.
Cyril Brechbuhl, entraîneur physique national, en évoque les points forts.
Cyril Brechbuhl

Quel est l’esprit de cette approche ?
On a beaucoup utilisé le mot “individualisation”. Cette approche consiste à ne pas prendre en considération une seule et unique façon de faire, mais à s’intéresser en premier lieu aux préférences de l’individu. Pas pour l’y maintenir exclusivement, mais pour partir de ses préférences afin de compléter son champ des possibles.

En quoi est-ce vraiment important ?
La grande notion ici, c’est que certains fonctionnent comme des “aériens” et d’autres plutôt comme des “terriens”. Des joueurs comme Alexandr Dolgopolov ou Adrian Mannarino sont typiquement aériens, ce sont un peu des marsupilamis montés sur ressorts ! À l’inverse, Jo-Wilfried Tsonga est un véritable terrien, tout comme Dominic Thiem, qui va chercher ses ancrages forts au sol, qui a des déplacements horizontaux. Aucune façon d’être n’est préférable à l’autre. On ne va pas demander à l’aérien de se comporter comme un terrien, et inversement. Il faut respecter la préférence naturelle de chacun, tout en amenant dans le même temps le joueur dans sa partie la plus difficile, dont il va aussi avoir parfois besoin. L’enjeu est là : faire avec la préférence naturelle pour mieux la compléter. Cela permet également d’éviter des blessures.

Comment l’appliquez-vous au sein de la FFT ?
Selon le cas de chacun, on va adapter le travail. Cela fixe des objectifs différents, avec une lecture des chiffres liés aux entraînements différente selon les cas. Sachant que la finalité est la même : se déplacer rapidement sur le terrain et frapper fort en arrivant sur la balle. Mais tout cela va être fait en exploitant des ressources différentes.  Aujourd’hui, à la FFT, on en est aux balbutiements. Il y a un intérêt autour de ça, mais c’est aussi à manipuler avec prudence. Pour moi, il s’agit de faire avec cette approche, tout en respectant les fondamentaux historiques de la discipline. Au sein de la DTN, une quinzaine d’entraîneurs a commencé à se former à cette approche. L’enjeu est d’en prendre le positif, à savoir chercher à individualiser les contenus d’entraînement, les évolutions techniques, sans pour autant ne jurer que par ça.

Pourquoi est-ce particulièrement intéressant, dans un sport comme le tennis ?
Chaque athlète arrive avec ses bagages, son histoire, ses préférences, ses aspirations. On parle des aériens et des terriens, mais il y a aussi les “dissociés” – quand le joueur rompt l’alignement entre la ligne d’épaules et la ligne de bassin – et les “associés”.  Mettre les joueurs dans leur préférence motrice, c’est les mettre dans de bonnes dispositions pour performer. S’ils sont bien dans leur motricité, ils géreront mieux l’adversité. Cela renvoie aussi au fait que la bonne remédiation technique doit être efficace assez rapidement. Si ça coince, c’est que ça ne colle pas à la personne. Si on fait passer au forceps, ce n’est alors pas naturel et ce n’est peut-être pas la bonne solution. La bonne solution doit apporter sa plus-value de façon assez rapide et naturelle.

COMPÉTITION TOURNOIS

4 Façons de garder la motivation avant la reprise des tournois

Reprise en vue ! Désormais rentrée en phase 3 du déconfinement, la FFT a récemment annoncé la reprise des tournois. Le temps que la machine se remette pleinement en route, il est toutefois possible, pour certains d’entre vous, de devoir attendre encore un peu avant de renouer avec la compétition. Voici comment conserver la flamme de la motivation à travers l’exemple de Ugo Humbert, dont l’entraîneur Cyril Brechbühl nous raconte comment il a géré cette longue période de coupure.

Après un début de saison très prometteur, marqué par le premier titre de sa carrière à Auckland (photo ci-dessous), le Français Ugo Humbert, 22 ans, 42è mondial, a comme tout le monde était stoppé net dans ses efforts. Quand il a vu que le circuit ne reprendrait pas de sitôt, il a passé une partie du confinement dans le Tarn, où il a pu bénéficier d’un court privé. Ensuite, il a repris l’entraînement « officiel » sur terre battue, d’abord chez lui, à Metz, puis à Roland-Garros et désormais dans le Jura, où il effectue un stage au côté de son ancien préparateur physique devenu également son entraîneur à plein temps en octobre dernier, Cyril Brechbühl.

A travers l’exemple de son élève, Cyril Brechbühl revient ici sur une problématique qui a pu probablement toucher un grand nombre d’entre vous pendant ces semaines de confinement : comment conserver intacte – ou presque – sa motivation en l’absence de tournois prévus ? Même à l’heure où cette perspective touche à sa fin, il n’est pas inutile d’en rappeler les grands principes.

1/ Fixez-vous un objectif de travail

Hormis bien sûr pour ceux qui privilégient le loisir à la compétition, il est rarissime de bénéficier d’autant de temps entre deux tournois. C’est donc le moment idoine pour travailler un coup ou un secteur du jeu bien spécifiques, en prenant son temps, sans être obnubilé par l’obsession du résultat à court terme.

Et alors là, à chacun son envie. Pour Ugo, comme dit plus haut, l’accent a clairement a été mis sur la terre battue. « Ce n’est un secret pour personne que ce n’est pas sa surface de prédilection, pour diverses raisons, opine Cyril Brechbühl. Plus jeune, quand il avait besoin de points, il privilégiait une programmation de tournois plutôt sur dur rapide. Aujourd’hui, il arrive à un classement où il a moins le choix. Et puis, on a quand même un Grand Chelem sur terre battue en France, ce serait sympa de pouvoir un jour y jouer correctement ! A nous de nous préparer en fonction. Pendant le confinement, notre axe de travail a été celui-ci : trouver de la constance dans des filières de jeu supérieures à celles sur lesquelles il a pris l’habitude de briller jusque-là. Physiquement aussi, on a pu prendre le temps de travailler en profondeur. A la reprise, je ne sais pas comment il sera mais je pense en tout cas qu’il sera plus endurant qu’il ne l’était. »

Vous aussi, d’ici votre retour en tournoi, trouvez-vous un axe de progression et ne le perdez pas de vue. Il n’est pas trop tard.

2/ Fixez-vous un objectif… de vie

Cela peut paraître un peu plus incongru ici, mais cette période « off » est aussi l’occasion unique de prendre du temps pour soi et penser finalement à autre chose qu’au tennis. Mine de rien, cela peut faire partie intégrante d’un processus de régénération mentale.

C’est ainsi en tout cas qu’a voulu le vivre Ugo, qui à 22 ans – il les a fêtés il y a peu – n’avait pas vraiment eu le temps depuis quelques années de faire des choses simples et plus conformes à son jeune âge, comme passer du temps en famille… ou valider son permis de conduite. « L’idée était qu’au moins tout ce temps passé en dehors du circuit ne soit pas perdu, explique son entraîneur. Les cours de conduite lui ont pris un peu de temps et c’est sûr que pendant ce temps-là, il était moins disponible pour les entraînements. Mais cela lui a fait du bien, je pense, de faire autre chose. Cela répond également aussi à un objectif de vivre les choses différemment. »

Pour qu’en repartant, on ait l’impression d’être une personne nouvelle, qui a rajouté d’autres cordes à son arc tant sportivement qu’humainement.

3/ Réfléchissez sur votre rapport au tennis

Voilà qui participe un peu du même processus de régénération mentale, et qui a en plus l’avantage de pouvoir poser les pierres fondatrices du futur joueur de tennis que vous aimeriez être.

Beaucoup de joueurs, de tous les niveaux, ont témoigné avoir réalisé durant le confinement à quel point le tennis leur manquait. Cyril Brechbühl acquiesce : « Avec Ugo, normalement, on n’a pas  besoin de coupure pour se délecter des moments que l’on vit. Mais là c’est vrai que ça nous manque. Récemment, on s’est dit qu’on avait même hâte de « mouiller » avant un match ! C’est ce stress de la compétition qui nous tient, finalement. »

Réaliser l’amour que l’on porte à ce sport – et les raisons pour lesquelles on le lui porte – est évidemment très important. Et l’on peut – l’on doit – prolonger la réflexion en se demandant comment, à partir de là, devenir un meilleur joueur à la reprise.

On pourrait citer l’exemple de Fabrice Santoro qui avait mis à profit une période de réflexion pour en conclure qu’il devait nécessairement modifier son jeu en profondeur, passant d’une filière défensive à un tennis (quasiment) de service-volée. Ce genre de remise en question sur son identité de jeu n’est absolument pas l’apanage des meilleurs. N’en faites pas l’économie.

4/ Dites-vous que la reprise arrive !

Ce qui a été le plus compliqué à vivre pour tout le monde, au début de la période de confinement, c’est l’opacité totale quant à la perspective de reprise. « Quand le circuit s’est arrêté alors qu’on était à Indian Wells, au départ, on pensait naïvement qu’on allait reprendre sur terre battue, se souvient Cyril Brechbühl. Puis il y a eu l’objectif d’une reprise potentielle sur gazon qui nous a tenu en haleine. Finalement, les choses n’ont pas évolué dans le bon sens. Heureusement, il y a eu ce positionnement très rapide de Roland-Garros qui nous a toujours donné cette lueur d’espoir à laquelle se raccrocher. »

Quand on est perdu dans le désert, mieux vaut en effet avoir une oasis à portée de vue pour tenir le coup moralement. C’est également le propre des compétiteurs : pas de tournois en vue, moins de motivation intrinsèque.

Heureusement, le bout du tunnel semble donc se rapprocher. A l’échelle nationale, c’est d’ores et déjà acquis puisque la FFT a annoncé récemment la reprise possible des tournois. Elle en a profité pour lancer officiellement les matches libres pour les adultes Non Classés/4ème Série, qui n’ont donc même pas besoin d’attendre la perspective d’un tournoi organisé près de chez eux pour reprendre la compétition.

Sur le circuit, on est donc sur une reprise au moins d’août, en Europe pour les femmes et aux Etats-Unis pour les hommes. « Si cette reprise se confirme, Ugo jouera Washington, Cincinnati et l’US Open, puis tous les tournois annoncés en Europe, confirme son entraîneur. Auparavant, il s’alignera mi-juillet à l’étape de Cannes du Challenge Elite FFT. »

La vue de la ligne d’arrivée suscite toujours un surcroît d’envie et d’énergie. N’hésitez pas, vous aussi, à vous aménager un programme de reprise, dont la simple perspective vous aidera à garder la flamme.

Recueilli par Rémi Bourrières