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Pascal Grizot – Mister Ryder Cup France !

Bravo les Bleus, bravo l’Europe, bravo au Golf National, merci à Pascal Grizot d’y avoir cru et d’avoir su convaincre autour de lui depuis bientôt dix ans…

L’organisation de la Ryder Cup représente-t-elle un défi ?

Pascal Grizot Mister Ryder Cup

La France doit à ce discret entrepreneur d’avoir décroché l’organisation de l’une des plus mythiques compétitions de golf au monde, pour la première fois, c’est en très grande partie grâce à lui. « C’est une fierté, mais surtout une responsabilité », annonce Pascal Grizot, le directeur de l’organisation, impatient que la compétition débute sous les yeux de plus de 50 000 spectateurs chaque jour au Golf national (Saint-Quentin-en-Yvelines), de vendredi au dimanche.

Pascal Grizot, chef d'entreprise passionné, a réussi son pari : la légendaire Ryder Cup se tiendra en septembre en région parisienne.
Pascal Grizot, chef d’entreprise passionné, a réussi son pari : la légendaire Ryder Cup se tiendra en septembre en région parisienne. Vincent Capman

Personne n’y croyait. Sauf lui, ou presque. En 2008, lorsque l’aventure a commencé, le pari fou de Pascal Grizot suscitait incrédulité ou apitoiement. Dix ans plus tard, l’admiration domine. Et pour cause : que la France puisse obtenir la Ryder Cup (troisième événement sportif le plus médiatisé derrière la Coupe du monde de football et les JO) sur son sol a tout d’un miracle.

En effet, la commission d’attribution est constituée de Britanniques ; l’épreuve – qui a lieu tous les deux ans, alternativement en Europe et aux Etats-Unis – n’avait quasiment jamais quitté le Royaume-Uni les années européennes et la candidature tricolore était classée dernière, après celle des Pays-Bas, de l’Allemagne, de la Suède, de l’Espagne ou du Portugal. Il a fallu l’obstination de cet homme, créateur de plusieurs entreprises dans la distribution, dont un réseau de magasins franchisés sous l’enseigne Champion, et une dans la sécurité, CPS, qui emploie aujourd’hui 1 400 personnes, pour triompher.

D’autant qu’à l’époque, avant les gains de l’Euro et des JO de 2024, « l’attractivité de la France en matière d’organisation de grands événements n’était pas évidente », ironise un lobbyiste. Lunettes rondes, un air de bon élève (mais il n’a pas aimé l’école), empathique, ce père de trois enfants de 55 ans dissimule sa détermination. « C’est un homme d’affaires tenace », confirme Antoine Arnault, golfeur passionné. Le fils aîné de Bernard Arnault, fondateur de LVMH, l’une des entreprises partenaires de la Ryder Cup version française, est proche de Pascal Grizot depuis 2008. A six mois de l’événement (du 25 au 30 septembre au Golf national de Saint-Quentin-en-Yvelines), l’organisateur en chef ne semble pas stressé.

J’étais plus tendu il y a dix ans, raconte le capitaine de l’équipe de France amateur, vice-président de la Fédération française de golf, qui a commencé à 9 ans sur les greens. On partait de très loin. Tout le monde a beaucoup travaillé : la Fédération, la classe politique, l’administration.

Notre victoire a été annoncée le 17 mai 2011. Pour la Saint-Pascal ! 

C’est un événement comme nul autre avec des impératifs qu’il faut savoir anticiper pour être dans les standards d’une organisation sans faille. Je suis tout à fait confiant sur les ressorts de notre organisation pour livrer un événement d’exception. Il y a ensuite un certain nombre d’éléments sur lesquels l’organisateur n’a pas de prise… comme les conditions météorologiques.

Où la venue de Donald Trump… Le président des Etats-Unis est un amoureux du golf et nous serions ravis de le recevoir. Il donnerait une résonance particulière à l’événement. S’il doit assister à la compétition nous serons prêts pour le recevoir. La sélection de Tiger Woods dans l’équipe américaine change-t-elle quelque chose dans votre organisation ? Non. Mais c’est évidemment un gros plus pour la Ryder Cup. On le voit très bien aux Etats-Unis et partout où il se déplace. Chacune des apparitions de Tiger Woods déclenche la passion. Il va contribuer au succès médiatique de la compétition et je m’en félicite. Mais cela ne change rien pour l’organisation, ni pour la billetterie puisque tous les billets ont déjà été vendus, dont 50% à des spectateurs étrangers.

L’accès au Golf National avec un schéma de transport inédit est-il prêt ?

Nous travaillons sur ce plan de transport depuis plusieurs années. C’est un élément déterminant parce que le choix du nombre de spectateurs qui pouvait être accueilli durant la Ryder Cup a été établi en fonction du plan de transport. Nous avons obtenu les autorisations pour la réalisation des parking satellites puisque le Golf National sera interdit aux véhicules.

Nous avons aussi obtenu un pass Navigo spécial Ryder Cup de façon à favoriser les déplacements en transports en commun. Nous avons également prévu une flotte de bus pour transporter le public. C’est un schéma de fonctionnement inédit en France, mais il a déjà été utilisé pour l’organisation des précédentes Ryder Cup. Il faut se rendre compte que l’organisation de la Ryder Cup n’a rien à voir avec celle de l’Open de France. Les deux compétitions ont lieu sur le même site.

Mais sur l’Open de France nous accueillons 6.000 spectateurs par jour alors que la Ryder Cup en verra défiler 60.000 par jour ! Autour de la Ryder Cup, la fédération a prévu un programme d’activations dont un forum médical sur le golf (vendredi 21 septembre).

Quel est son objet ?

La Ryder Cup, c’est 3 jours de compétition. Nous voulons profiter de cette fenêtre médiatique d’exposition pour promouvoir le golf dans toutes ses dimensions via une série d’événements sur dix jours. La programmation démarre dès le jeudi 20 avec l’inauguration du village golf sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris. Le vendredi 21, il y aura le Ryder Cup Medical Forum, ensuite le dimanche soir la cérémonie d’ouverture de la junior Ryder Cup. Le lundi et le mardi, ce sera la junior Ryder Cup avec 5.000 enfants invités pour assister à l’épreuve chaque jour. Ensuite, nous avons les journées d’entraînement au Golf National, la cérémonie d’ouverture le jeudi, puis le début des rencontres le vendredi. Le Ryder Cup Medical Forum est aussi une manifestation liée à une histoire personnelle… L’idée de monter ce forum m’a été inspirée par un cas réel dans ma famille effectivement.

Mon père a aujourd’hui 84 ans. Après une vie professionnelle intense, il a arrêté de travailler à l’âge de 75 ans. Tous les matins il jouait au golf. Il y a deux ans, alors que je partageais un parcours avec lui, il se tenait le cœur. Il disait ressentir des douleurs dans la poitrine. Mais le soir, il allait beaucoup mieux. Si bien que je n’ai pas prêté attention aux signes avant-coureurs. Le lendemain, nous avons recommencé. Il a de nouveaux eu des douleurs. Cette fois, il s’est rendu chez son médecin qui ne l’a pas laissé sortir. Il a eu un quadruple pontage coronarien. Pour le médecin,sans sa pratique régulière du golf, il n’aurait pas été opérable et surtout sans cette activité physique il ne serait pas rendu compte de son problème. Pour moi, l’épisode a été un déclic. Je ne cherche pas à opposer les sports. Avoir une activité physique régulière est bon pour la santé.

La spécificité du golf est qu’il est transgénérationnel. Vous pouvez le pratiquer même à un âge avancé. Il est plus facile pour une personne de plus de 50 ans de pratiquer du golf qu’une autre discipline qui peut causer plus de problèmes à l’organisme. Des études scandinaves démontrent que le golf permet de vivre sept ans de plus. C’est ce que nous voulons dé- montrer à travers ce forum médical. L’année dernière, d’éminents médecins britanniques ont déposé une étude devant leur parlement pour prouver les bienfaits du golf. Ils seront présents lors du forum. Nous voulons également mettre en avant les bienfaits de la discipline pour la santé mentale. Dans un monde qui va très vite, dans un monde où les enfants veulent la ré- compense immédiatement, la pratique du golf s’inscrit dans une autre dimension. C’est une discipline avec une pédagogie lente où la patience est nécessaire. Le golf permet d’échapper aux tablettes et smartphones. C’est un sport qui se pratique en plein air, dans des atmosphères différentes de ce qu’on rencontre dans les villes. C’est aussi une discipline bénéfique en matière de socialisation. Vous souhaitez donc en profiter pour rappeler les bénéfices de la pratique dans le cadre du sport santé ? Complètement, d’ailleurs l’un des intervenants traitera du thème du golf sur ordonnance. Pour nous, il est important que les médecins, lorsqu’ils prescrivent une activité sportive, pensent au golf.

Globalement, quels sont les éléments qui permettront de mesurer le succès de l’organisation de la Ryder Cup ?

Il suffira de répondre à la question : est-ce qu’il y a plus de golfeurs en France ?

Nous allons d’abord étudier comment l’événement sera retranscrit médiatiquement en France. J’espère que les non-golfeurs auront entendu parler du golf pour la première fois et que beaucoup auront envie d’essayer pour arriver à une augmentation des licenciés dans les deux prochaines années. La diffusion en clair d’une partie de la compétition est un plus pour vous. C’est une évidence d’ouvrir la compétition au plus grand nombre. Et même Canal+, qui est un partenaire, l’a bien compris.

Le groupe Vivendi nous a aidés pendant la période de candidature. Le but n’est pas de s’adresser uniquement aux golfeurs. Nous sommes rapidement tombés d’accord sur une fenêtre en clair dans la grille des programmes. En revanche, aucun joueur français n’a été sélectionné dans l’équipe européenne.

C’est un échec de la fédération ?

C’est un échec, oui. Mais il y a plusieurs facteurs à prendre à compte. La génération en capacité de disputer l’épreuve a été accompagnée par la fédération pendant la période où les joueurs étaient encore amateurs.

A cette époque, la France a été championne du monde et championne d’Europe en 2010 et 2011. C’est cette génération qui aurait dû disputer la Ryder Cup aujourd’hui en France. Mais une fois qu’ils passent professionnels, la fédération n’a plus la main sur les joueurs. Ils ont fait leurs propres choix et malheureusement force est de constater qu’ils sont moins performants que les golfeurs des autres nations.

La France n’avait jamais organisé la Ryder Cup. Combien de temps faudra-t-il attendre avant de pouvoir recevoir à nouveau la compétition ?

Cela dépend de la capacité de la France à se mobiliser pour accueillir à nouveau le troisième événement sportif de la planète après les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football. Compte tenu de la rotation des pays pour les prochaines éditions, cela ne sera pas possible avant au moins une quinzaine d’années je pense. E.F

«Un chantier immense nous attend»

«Le modèle de la formation reste bon, des tas de pays nous envient. On est bons pour animer, éduquer, former, coacher, mais on n’est pas bons dans l’épanouissement. Il y a bien des choses à modifier, un chantier immense nous attend qui implique de faire la révolution des esprits. La gestion des émotions est la première des priorités. On commence à s’intéresser à cette construction seulement quand nos joueurs ont 18 ans, mais c’est déjà trop tard, ça se joue bien plus tôt.»

«Il faut aussi retrouver une culture de l’exception, et discuter avec la famille le plus vite possible quand on a repéré un gamin hors normes. Les familles sont la base du haut niveau et du champion. Nous, nous avons tendance à mettre les parents de côté, à les considérer parfois comme des rivaux.»

«Notre système est trop fondé sur l’esthétique»«Chez nous, ce sont les familles qui investissent le sport. Il ne faut pas s’occuper trop de sa technique, mais voire comment il gère ses émotions dans la confrontation.» Notre système est trop fondé sur l’esthétique. La construction d’un joueur français est trop «administrative» et pas « assez sportive. »

La France a-t-elle réussi à populariser le golf ?

La présence de Tiger Woods, de ce point de vue, s’apparente à un cadeau tombé du ciel.

Mais on ne gagne pas parce qu’on n’a pas la culture de la gagne.

L'organisation de la Ryder Cup n'a pas permis au golf de se démocratiser en France.
L’organisation de la Ryder Cup n’a pas permis au golf de se démocratiser en France. | PHOTO : AFP Gaspard BREMOND.
Élitiste, onéreux, sport de « vieux »… Malheureusement, le constat est là. Depuis longtemps, le golf, discipline individuelle la plus pratiquée au monde, traîne une sale image dans l’Hexagone.

En 2011, l’attribution de la Ryder Cup, troisième événement le plus suivi au monde après les JO et la Coupe du monde de foot, était censée faire valser ces préjugés. La Fédération française de golf souhaitait ainsi « populariser » sa discipline au plus grand nombre, faire évoluer les mentalités, globaliser sa pratique, évoquant même le chiffre de 700 000 licenciés d’ici 2018.

Aucun effet…

Sept ans après, c’est donc raté, et Jean-Lou Charon, président de la FFG, est le premier à le reconnaître : « Je pensais qu’il y aurait un véritable effet Ryder Cup, mais il a été réduit. » Pourtant, des actions ont été entreprises, comme la création de 98 petites structures, des golfs de proximité, plus compacts, moins chers donc plus accessibles.

« Nous avons aussi mis en place des initiations gratuites avec certains partenaires, créé un Ryder Cup golf tour dans onze villes de France, lancé un Carnet golf où 47 000 élèves ont appris ce sport à l’école », lance Pascal Grizot, vice-président de la FFG. Sauf qu’en privé, certains jugent ces initiatives intéressantes mais un brin dérisoires. Sous-dimensionnés, en clair.

Si le nombre de pratiquants a ainsi augmenté (on l’estime à 780 000 en 2017) et témoigne d’un intérêt croissant pour ce sport, le phénomène de masse n’est pas arrivé. La France ne fait certes pas moins mal que les autres pays dans un contexte de baisse du nombre de licenciés depuis cinq ans. Mais depuis 2011, le grand public n’a pas vraiment suivi, et la majorité des joueurs dépasse toujours les 50 ans.

Comment l’expliquer ? D’abord le golf reste quoi qu’on en dise un sport coûteux, de surcroît chronophage à une époque où le temps devient une denrée rare. « Il faudrait encore des parcours moins chers, estime Thomas Levet, ex-pro français. Imaginez, certains vont perdre dix balles et devoir en plus payer le parcours à 45 €… » Certains golfs, aussi, cultivent encore un environnement fermé, et ils n’ont pas été découragés… « Beaucoup ont encore peur d’aller sur les parcours », confie Grégory Havret, pro français.

Il existe une raison économique, aussi. « Les crises successives génèrent un contexte difficile, estime Christophe Muniesa, Directeur technique national. La pratique du golf a un coût, et l’économie a un impact sur son développement. » De grandes fédérations (football, tennis) ont effectivement également connu une baisse de licenciés depuis 2008.

La médiatisation du golf, aussi, demeure un frein. Aucune chaîne publique ne s’est portée candidate pour la diffusion de la Ryder Cup. Enfin, élément considérable : aucun golfeur français n’a véritablement émergé sur la scène mondiale depuis 2011 (ou alors trop rarement), et la discipline n’a pu s’appuyer sur une vraie locomotive (un moment Victor Dubuisson).

Dans ce contexte, le golf bleu attend des miracles de la Ryder Cup. « Ça chante, ça crie… Beaucoup de gens se diront que le golf n’est peut-être pas aussi conservateur », dit Jean-Lou Charron. « Si on a une occasion de convaincre, c’est vraiment avec la Ryder Cup », souffle Pascal Grizot.

Ryder Cup. Le rendez-vous manqué des Frenchies

Dans l’histoire de la Ryder Cup, il y a toujours eu un représentant du pays hôte, pas cette fois : le meilleur Français Alexander Lévy, mais aussi les autres Tricolores ont échoué dans cette quête presque impossible, de disputer cette compétition reine à Saint-Quentin-en-Yvelines, fin septembre.

Ils en ont tous rêvé. Et depuis plusieurs années. Jouer une Ryder Cup, en France, pour la première fois de l’histoire, c’est un peu, pour un golfeur français, comme remporter une médaille d’or olympique. Forcément, ça motive. Mais voilà, faire partie des 12 meilleurs golfeurs européens de la saison n’est pas simple.

Il y a six mois, le challenge paraissait pourtant jouable. Ils étaient plusieurs à pouvoir y prétendre, ou en tout cas avec le potentiel dans leur grip. Victor Dubuisson, le plus doué d’entre eux, le plus insaisissable aussi, avait déjà goûté à la Ryder (remportée par l’Europe en 2014), Alexandre Lévy, Romain Wattel, Mike Lorenzo-Vera… La surprise pouvait aussi venir d’eux, même s’ils partaient de loin. Mais en avril, Victor Dubuisson, celui qui avait a priori le plus de chances, jette l’éponge, contraint, en raison de problèmes d’oreille interne, de quitter le circuit pendant au moins six mois. Les chances bleues s’amincissent alors considérablement.

Lévy était dans le rythme

Alexander Lévy, seul Français à avoir remporté deux tournois européens en une saison (2015), semble reprendre le flambeau. Son début de saison se déroule idéalement. Meilleur Tricolore, il enchaîne trois top 10 sur cinq tournois et dans la foulée de l’annonce du forfait de Dubuisson, remporte le trophée Hassan II fin avril à Rabat, au Maroc, et intègre le top 50 mondial.

L’exploit est en marche pour le seul Bleu dans le top 100 à l’époque… Sauf qu’il vient d’atteindre le point haut de sa saison. Il ne va plus faire que descendre ensuite. Un printemps sans le moindre top 30, un « cut » raté à l’US Open… Une lente déliquescence. « Il aurait fallu qu’il maintienne le même rythme, estime Jean Van de Velde, l’un des trois Français à avoir disputé une Ryder Cup. Mais la pression n’a fait que s’accentuer ». « Alexander était dans le rythme qu’il fallait jusqu’au mois de mai et après, lorsque les gros tournois sont arrivés, il n’a pas suivi », résume le troisième lauréat Bleu de Ryder, Thomas Levet.

Juste avant l’Open de France fin juin, sur le parcours de la Ryder Cup, il peut encore espérer. Mais déjà, il confesse que pour lui, son niveau ne peut à l’époque lui permettre d’intégrer l’équipe européenne. Il passe tout juste le cut et finit dernier de l’épreuve (65e). Le train est passé. D’autant que dans le même temps, un autre Bleu s’illustre : Mike Lorenzo-Vera signe une belle 16e place à l’Open de France et se rapproche du top 100. Certains se mettent même à rêver d’une énorme surprise avec le Basque…

Une surprise qui n’arrivera pas. La barre était aussi peut-être trop haute pour les Français, qui, s’ils brillent par intermittence, vivent depuis des années pour la plupart au mieux dans le ventre mou du classement mondial (Lévy 89e, Lorenzo-Vera 97e). « Non, le challenge n’était pas trop haut, réfute toutefois Thomas Levet. C’est juste que les places sont chères. Imaginez sur les quelque 30 millions de golfeurs européens, il n’y en a que 12 qui sont pris. Depuis que la Ryder existe, il n’y a eu que trois Français qui y ont participé. Cela doit faire 3% dans les statistiques. Donc ben, il y avait 3% de chances cette année. »

« Pour pouvoir se qualifier, il faut faire un top 10 quasiment chaque semaine, donc c’est extrêmement compliqué. Plein de Français pouvaient y arriver, pas que Alexander. Mais il faut chauffer la machine comme jamais », résume Levet. « Moi, j’avais douze top 10, une victoire dans l’année, et un top 5 dans un Grand Chelem. Ils ont fait ce qu’ils pouvaient, et ça n’est pas passé », assure-t-il. Peut-être pour la prochaine dans deux ans…

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