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L’Europe a gagné la Ryder Cup 2018

L’Europe remporte la Ryder Cup 2018

Les hommes de Thomas Björn ont dominé leurs homologues américains sur le score sans appel de 17,5 à 10,5. Un triomphe pour l’Europe, une sévère déroute pour les U.S.A. Voici les clés de ce succès historique.

Le parcours

C’est l’élément clé de cette victoire. Le fait de recevoir l’équipe américaine sur l’Albatros du Golf National était déjà un avantage. Un terrain de jeu parfois proche du links ou d’un parcours d’U.S. Open, étroit et où la précision doit l’emporter sur la puissance. De quoi déstabiliser des joueurs américains qui n’ont pas l’habitude de jouer ce type de parcours. Tyrrel Hatton a expliqué que le « plus difficile sur l’Albatros étaient les mises en jeu ». Inutile donc de sortir le driver à tous bouts de champs, l’important est de trouver le fairway sous peine de perdre un coup dans ce rough inextricable. Les joueurs de Furyk n’auront jamais, semble-t-il, intégré cette subtilité. Paul Armitage expliquait que « l’Albatros était un parcours qu’il fallait caresser et non agresser ». Les Américains auront fait tout le contraire durant 3 jours.

Les capitaines

Le capitaine européen Thomas Björn, lui, a salué la très bonne ambiance régnant au sein de ses troupes.

« Nous formons un collectif uni, c’est la voie que nous essayons de suivre », a confirmé McIlroy qui lors de sa partie matinale a manqué son approche au trou N.3, à la grande joie des spectateurs qui ont du coup pu l’approcher de très près derrière les cordes.

Thomas Björn a grandement contribué à cette victoire historique. Ses joueurs ont été les premiers à lui rendre hommage. Il est vrai que du choix des hommes, jusqu’à celui des paires, en passant pas le set-up de l’Albatros, le capitaine européen a parfaitement rempli son rôle. Ses wild cards Ian Poulter, Henrik Stenson, Paul Casey et Sergio Garcia – désormais recordman de points en Ryder Cup côté européen – ont rempli à merveille leur rôle. La composition des paires a elle aussi été soigneusement étudiée et l’émergence du redoutable duo formé par Tommy Fleetwood et Francesco Molinari est à mettre à son crédit. En ce qui concerne le parcours, le Danois, encore une fois, a joué sur les forces de ses hommes et les faiblesses de ses adversaires, la première d’entre elle étant le manque de régularité sur les mises en jeu. Il a donc demandé un tracé étroit au rough épais. Alejandro Reyes et son équipe ont parfaitement répondu à ce souhait.

De son côté Jim Furyk a échoué, comme il l’a admis lui-même : « Thomas Björn a été un meilleur capitaine que moi ». L’Américain a reconnu avoir « certainement fait de mauvais choix ». Commençons par les 12 joueurs sélectionnés, malgré leurs résultats cette saison, qui n’étaient peut-être pas les mieux armés pour affronter l’Albatros. Quasi tous sont réputés pour être de gros frappeurs… peu précis. N’aurait-il été pas judicieux d’intégrer dans sa Team les recalés et vice-capitaines Matt Kuchar et Zach Johnson, deux joueurs très précis sur les mises en jeu ? Le même constat peut être fait sur les choix des paires : Dustin Johnson et Brooks Koepka associés ? Parfait pour un concours de drive, certes, pas pour la précision… Associer Reed et Woods ? Pas la meilleure des idées. Laisser sur la touche Webb Simpson lors des sessions du matin, l’un des rares joueurs U.S en forme ? Une erreur très certainement.

La préparation et l’état de forme

Parmi les 12 joueurs européens, plus de la moitié connaissaient parfaitement l’Albatros pour l’avoir joué lors de l’Open de France. Ils sont donc particulièrement au courant de ses subtilités et de ses pièges. En outre, Thomas Björn pouvait compter dans son équipe sur les deux derniers vainqueurs du « French », Tommy Fleetwood et Alex Noren, brillants cette semaine. Du côté américain, qui connaissait le mieux le parcours ? Justin Thomas, pour avoir disputé le HNA Open de France 2018 (T8). Qui a le mieux joué côté U.S ? Justin Thomas. Peut-être pas un hasard même si Jim Furyk semblait ne pas y prêter trop attention en conférence de presse. Toujours est-il qu’excepté Thomas, et même si Bubba Watson a joué l’Open de France il y a quelques années, les membres de l’équipe américaine ont certainement manqué de rounds sur le tracé de Saint-Quentin-en-Yvelines pour le décrypter, l’analyser, dégager une stratégie de jeu… Une immense erreur.

Ajoutons à cela, et là Furyk n’y peut rien, que les joueurs américains ont tous disputé la finale de la FedEx Cup à East Lake, quand seulement cinq Européens ont subi le long marathon des playoffs et le voyage depuis Atlanta. Tiger Woods expliquait d’ailleurs en conférence de presse « que ses 7 tournois joués en 9 semaines » l’ont certainement atteint physiquement et psychologiquement à l’aube de cette Ryder Cup.

L’ambiance

En Ryder Cup c’est loin d’être un détail. Tout a été mis en œuvre au Golf National pour que l’équipe européenne sente le souffle des fans pousser dans leur dos. De l’organisation aux infrastructures, en passant par les animations ou le parcours, tout a été parfaitement réussi. Les fans européens, mais aussi américains, ont répondu présents, tout comme la météo d’ailleurs, idéale toute la semaine. Le public européen a clairement joué le rôle du 13ème homme et les joueurs de Thomas Björn n’ont pas manqué de lui rendre hommage.

Cette atmosphère unique et jamais vue, a contribué à faire de cette 42ème édition l’une plus belles de l’histoire de la Ryder Cup