BIOMECANIQUEMENTAL

Les fameuses 4 phases d’apprentissage !

Développer une aptitude est un processus des plus intéressants. Cependant, trop souvent, la tentation d’abandonner surpasse notre désir de réussir. Pourquoi ? À quel moment suis-je tenter d’abandonner ?

ATTENTION pour le golf, il y a d’autres paramètres que dans un apprentissage de type universitaire. De la motricité fine, coordination… gestion émotionnelle et cela a un impact non négligeable sur l’apprentissage.

Le modèle universel d’Albert Bandura sur l’apprentissage

Ce modèle montre que pour réussir un apprentissage, il est important de maintenir un fort niveau d’attente à propos des résultats de l’apprentissage et ses conséquences positives.

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L’écart entre les attentes et les performances peut créer une crise qui peut faire baisser ou supprimer la performance. Si les attentes baissent à la perception d’un échec (je n’y crois plus) les performances baissent. Si vous pensez que vous  pouvez faire ou ne pas faire, vous avez raison

Si vous avez acquis des compétences, développé des capacités mentales ou physiques ou encore appris quoi que ce soit… Alors vous êtes passé par ces fameuses 4 phases d’apprentissage !

À l’origine appelé “les 4 étapes avant d’apprendre une compétence” par Martin M. Broadwell, les 4 phases d’apprentissage est un modèle qui a été introduit par Noel Burch en 1970, un employé de la Gordon Training International. Ce modèle explique qu’avant de maîtriser une compétence, nous traversons différents niveaux de conscience de soi.

Nous sommes d’abord inconscients de notre incompétence, puis une fois que nous prenons conscience de notre incompétence, nous développons des savoir-faire qui nous permettent de palier à cela.

Avec le temps nous devenons alors consciemment compétent, nous savons faire ce qu’il faut pour réussir à faire telle ou telle chose et enfin, nous devenons inconsciemment compétent, car tout se fait automatiquement dans notre inconscient et sans effort.

Le détail des 4 niveaux de compétences

Nous allons voir plus en détail les 4 niveaux de compétences, avec des exemples pour bien comprendre ce qui se met en place.

Étape 1 : Inconsciemment Incompétent

“Je ne sais pas ce que je ne sais pas.”

Être inconsciemment incompétent peut prendre plusieurs formes :

  • Vous ne savez rien d’un domaine de compétence particulier. Par exemple, vous ne saviez peut-être pas qu’il existait des cours d’architecture militaire.
  • Vous ne savez pas que vous êtes incompétent dans un certain domaine. Avez-vous déjà essayé de jongler avec cinq cuillères ?
  • Vous refusez d’admettre l’utilité d’une certaine compétence. Savoir démonter une machine à laver n’est pas très utile… jusqu’à ce qu’elle tombe en panne, n’est-ce pas ?

Durant cette étape, nous n’avons aucun recul sur une compétence particulière car elle nous est complètement inconnue. Nous manquons de savoir-faire, de techniques et de pratique vis-à-vis de cette discipline. Nous sommes également incapables de juger de la compétence des autres personnes dans ce même domaine.

Pire encore, nous pouvons surestimer nos capacités et nous croire immédiatement compétent alors que ce n’est pas le cas, d’où l’effet Dunning-Kruger. Cette phase peut d’ailleurs s’étaler sur plusieurs années, dizaines d’années ou encore durer à vie, sans que nous ne nous rendions compte de rien.

Pour illustrer cette étape, je vais prendre comme exemple la conduite. Lorsque vous étiez enfant, vous n’aviez aucune idée de comment une voiture se conduisait. Vous aviez peut-être à ce moment-là des petites voitures chez vous, et vous pensiez qu’il suffisait juste de tourner le volant pour avancer.

Il est donc important de reconnaître notre incapacité à ce stade, pour pouvoir développer et apprendre une nouvelle compétence. C’est d’ailleurs à l’enseignant ou au formateur, de pointer nos erreurs et points faibles et montrer l’exemple à atteindre.

Ne soyez pas comme ces personnes avec un égo surdimensionné, qui pensent n’avoir rien à apprendre de personne. Elles resteront ignorantes et risquent même de faire du tort aux autres et à elles-mêmes, si elles se retrouvent dans en position de juge d’une compétence qu’elles ne maîtrisent pas.

Vous ne confieriez pas votre santé à un médecin qui ne sait rien du corps humain, et vous n’aimeriez pas qu’une telle personne fasse cours à des étudiants en médecine.

Étape 2 : Consciemment Incompétent

“Je sais ce que je ne sais pas.”

À ce stade, nous réalisons finalement que nous sommes pas aussi compétent que ça dans un domaine particulier. Et qu’après avoir essayé de jongler avec les cinq cuillères, celles-ci nous sont malheureusement retombées sur le crâne.

Cette phase peut être assez mal vécue. C’est un électrochoc où nous réalisons soudainement que nous ne sommes pas si doués que ça. Qu’il y a d’autres personnes autour de nous qui sont bien plus compétentes dans ce domaine.

Cette phase embarrassante peut toutefois nous servir de tremplin, et nous pousser à nous entraîner pour comprendre l’écart qu’il y a entre nous-mêmes et les autres. C’est aussi le moment des essais et erreurs, où nous recommençons jusqu’à obtenir un résultat acceptable.

Si je reprend le même exemple de la conduite, ce serait ce moment où vous avez enfin tenu le volant entre vos mains dans une voiture d’auto-école, et compris qu’il y avait énormément de choses à savoir et à faire pour permettre à votre voiture d’avancer.

Cette étape peut durer aussi un certain temps, selon votre détermination à apprendre. Elle dépend aussi de votre reconnaissance de cette incompétence. Pour cela, il est nécessaire de pouvoir mesurer votre niveau d’incompétence.

C’est pourquoi il est utile d’avoir des outils objectifs pour mesurer vos progrès. Si vous arrivez à jongler avec trois cuillères, puis le lendemain avec quatre, alors vous avez progressé ! Pour cela, n’hésitez pas non plus à demander des retours de votre enseignant ou formateur.

Ainsi, en vous améliorant, vous pouvez finalement passer à l’étape suivante.

Étape 3 : Consciemment Compétent

“J’évolue et je sais que ça se voit.”

Par la pratique répétée et vos efforts constants, vous êtes maintenant capable d’exercer votre compétence à volonté, sans aide extérieure. Ce processus suit des moments d’apprentissage, puis d’oubli et un plateau et ainsi de suite.

Vous avez maintenant acquis les bases et votre pratique est solide. Cela dit, vous ne pouvez pas exercer votre compétence sans y penser, car ce n’est ni naturel ni automatique. D’autre part, même si vous êtes capables de démontrer votre compétence, vous n’êtes pas encore capable de l’enseigner à quelqu’un d’autre.

Tout n’est pas forcément parfait non plus, mais vous cherchez constamment de nouveaux moyens de vous perfectionner, votre pratique évolue donc constamment.

En reprenant toujours l’exemple de la conduite, ce serait le moment où vous décrochez votre permis et que vous êtes à présent capable de conduire seul(e). En continuant à conduire, vous engrangez de l’expérience et corrigez les défauts qui persistaient encore. Cela implique de continuer à apprendre, et à ne pas vous reposer sur vos lauriers, sans quoi votre niveau de compétence en pâtira.

Bien sûr, plus le domaine dans lequel vous souhaitez être compétent(e) est complexe, et plus cette étape sera longue. Ce n’est que par une pratique assidue et une bonne dose de persévérance que vous arriverez à la phase suivante.

Étape 4 : Inconsciemment Compétent

“Je le fais parce que je sais le faire.”

La compétence que vous avez exercée maintes fois est maintenant engravée dans votre cerveau. Elle fait partie de votre inconscient et devient un processus automatique. Vous n’avez plus besoin de faire d’efforts pour vous lancer. Vous pouvez même pratiquer votre compétence en même temps qu’autre chose.

Par exemple, faire du tricot pendant que vous lisez, ou bien jongler avec les cuillères pendant que vous discutez.

Vous êtes aussi capable d’expliquer aux autres comment pratiquer cette compétence. Cela dit, si vous pratiquez dans votre coin depuis longtemps, vous risquez aussi de ne pas pouvoir expliquer ce qui se fait instinctivement chez vous. Bien entendu, cela ne vous dispense pas non plus de vous améliorer, et de rester à jour dans votre pratique.

Dans l’exemple de la conduite, c’est ce qui se produit une fois que vous conduisez depuis plusieurs années voire une dizaine d’années. Les gestes et attitudes se font par instinct, et vous pouvez même dialoguer avec vos passagers ou écouter de la musique en même temps que vous conduisez. Comme le code de la route est mis à jour régulièrement, votre apprentissage évolue également.

Ce stade n’est pas si long à atteindre habituellement, il arrive rapidement avec la pratique si elle est régulière. En même temps, si vous ne pratiquez pas pendant un certain temps, vous risquez d’oublier en partie ce que vous avez appris. Bien sûr, vous récupérez rapidement si vous vous y remettez.

Le mot de la fin

Ces 4 étapes sont importantes à comprendre avant de vous lancer dans un domaine particulier. Que ce soit lié au travail, aux loisirs, ou encore des compétences sociales, vous ne pourrez progresser qu’en tenant compte de ces changements qui se produiront dans votre conscience.

Pour cela, il est nécessaire d’y aller progressivement, sans chercher à brûler les étapes. En mesurant objectivement vos progrès, et en planifiant régulièrement des moments pour pratiquer.

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